Trésors d’architecture de la région Centre 4

Shiva est la divinité la plus importante pour les souverains Chams qui lui demandent d’assurer la protection du sol et de les protéger des envahisseurs. Il est honoré sous la forme phallique du linga car ce dieu représenté le plus souvent avec plusieurs bras, symbolise la procréation ainsi que la destruction.
Le roi est une incarnation des divinités hindouistes qu’on appelle « dieux terrestres ». Dès que le monde est en péril, Vishnu descend sur terre sur sa monture mi-homme mi-aigle. L’hindouisme n’est pas la seule religion importée d’Inde. Plus tard, au IXe siècle, des moines bouddhistes d’origine indienne introduisent le bouddhisme du Mahayana et les Chams édifient le monastère de Dông-duong. Avec l’arrivée du bouddhisme, les bas-reliefs et les sculptures s’ornent de l’image de Bouddha sans oublier pour autant l’hindouisme. Les Chams adoptent un syncrétisme religieux. Toute l’originalité de l’art du Champa est dans ce mélange de cultures et d’apports extérieurs venus d’Inde, de Chine et mêmed’Indonésie.

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L’influence javanaise s’exprime par la profusion de rinceaux et de personnages en position d’« orant ». Dans la sculpture, les visages se font plus doux et plus souriants avec plus de souplesse dans l’exécution. On remarque également la représentation sur la sculpture et les bas-reliefs Chams de cette époque de nombreux objets et motifs typiquement indonésiens (têtes de makara, oiseaux de Garuda). Les bas-reliefs et les édifices sont surchargés de motifs décoratifs.
Cette horreur du vide est aussi l’une des caractéristiques du style de My Son Al, recon¬naissable à son décor de rinceau enroulé et feuillu et à ses nombreuses scènes de vie. Le style de My Son Al correspond à l’apogée du classicisme Cham, âge d’or de l’architecture Cham (Xe, XIe siècle). L’une des œuvres majeures de cette époque est « le piédestal aux danseuses » qui provient de Tra Kiêu. Les historiens de l’art parlent de style de Tra Kiêu lorsqu’ils se référent à cette œuvre caractérisée par la souplesse et le mouvement.
Au milieu du XIIe siècle, le centre de gravité du royaume de Champa se déplace vers le Sud. Le site de My Son perd de son importance au profit de la plaine de NhaTrang. C’est dans cette province qu’on peut voir, aujourd’hui, le plus grand nombre d’édifices Chams à commencer par le sanctuaire shivaïte de Pô Nagar, l’un des sites archéologiques les plus sacrés qui abrite l’une des plus hautes tours de toute l’architecture Cham. Chacune de ses façades est ornée de pilastres et d’une fausse porte surmontée d’une double arche. Sur ces murs en briques sont gravés des textes qui nous apprennent l’existence de la « déesse de Kautàra » appelée Bhagvati, la déesse du pays, qui a enseigné la riziculture à la population.
En 1471, les Viets attaquent les Chams à Pô Nagar et unifient le pays. Les Chams doivent se retirer encore plus au Sud où ils fondent un ultime royaume autour de Phan-Rang. C’est la fin d’une civilisation qui aura duré plus d’un millénaire et le dernier reflet de l’hindouisme au Vietnam.

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