L’Histoire 2

En 1940, la France est envahie par l’Allemagne. Le Japon qui occupe une partie de la Chine depuis 1937 profite de l’affaiblissement de la France pour s’emparer du Vietnam considéré comme un pont vers le Sud de l’Asie. Cette invasion contribuera à la montée des nationalismes en réduisant l’influence des Français sur les Vietnamiens.Le 2 septembre 1945, un traité est signé en rade de Tokyo qui met fin à l’occupation japonaise.

Le même jour, le président Hô Chi Minh proclame l’indépendance du pays et l’avènement de la République démocratique du Vietnam sur la place Ba Dinh à Hanoï. Hô Chi Minh nomme Bao Dai conseiller suprême du gouvernement sous le nom deVinhThuy. N’étant pas dupe du rôle de marionnette que veulent lui faire jouer les communistes du Vietminh, Bao Dai s’exile à Hong Kong en novembre 1946 où il adopte une attitude attentiste. Le 19 décembre 1946, le Parti communiste vietnamien d’Hô Chi Minh lance une insurrection générale contre les colonisateurs français. C’est le début de la première guerre d’Indochine.

Le général de Gaulle souhaite réoccuper l’Indochine afin de restaurer l’autorité de la France. Il projette d’établir une fédération de colonies qui comprendrait les trois provinces du Vietnam (Tonkin, Annam et Cochinchine) ainsi que le Cambodge et le Laos. Faisant fi de la proclamation de la République démocratique du Vietnam par Hô Chi Minh, il envoie un nombre important de fonctionnaires et de militaires en Indochine. Le général de Gaulle quitte le pouvoir en janvier 1946. Le nouveau gouvernement signe avec Hô Chi Minh un accord qui reconnaît le Vietnam comme « un Etat libre » à condition qu’il continue de faire partie de la « Fédération Indochinoise et de l’Union Française ».

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Des insurrections ont lieu à Hanoi et peu de temps après « l’Oncle Ho » appelle les Vietnamiens à la guerre dans une déclaration sans ambiguïté : « luttez avec vos amies, vos pioches, vos pelles, vos bâtons. Sauvez l’indépendance et l’intégrité territoriales de la patrie. Vive le Vietnam indépendant et indivisible. Vive la démocratie. » Hô Chi Minh entre dans la clandestinité et le général Giap fonde l’armée Vietminh pour chasser les Français

La Chine de Mao et l’URSS soutiennent le Vietminh alors que les Etats- Unis aident financièrement la France. Malgré l’aide logistique des Etats- Unis, les Français subissent de nombreuses défaites parmi lesquelles on retiendra celle de Cao Bang. Les soldats ne sont pas préparés à combattre dans la jungle contre la guérilla qui connaît parfaitement le terrain. En 1954, la bataille de Dien Bien Phu dure 57 jours et se termine par une défaite française. Celle-ci marque la fin de la présence française en Indochine. Les Américains, dans leur lutte contre le communisme, prennent la relève.

Les accords de Genève coupent le pays en deux. Chaque zone a son propre régime politique. Le Sud se voit imposer une dictature anticommuniste, le Nord une dictature prolétarienne.
Ngo Dinh Diem fait déposer l’empereur Bao Dai et devient le chef du gouvernement du Sud. Hô Chi Minh rallie la Chine et l’URSS à son combat contre l’impérialisme américain et pour la réunification du Vietnam. En 1960, il crée le Front National de Libération du Vietnam, appelé Vietcong. Des commandos s’infiltrent dans le Sud où ils mènent des actes de sabotage. En 1963, Diem et son frère Nhu s’en prennent à la population bouddhiste, ordonnant des arrestations de moines. L’immolation par le feu d’un bonze choque violemment l’opinion publique. Un coup d’Etat est organisé par un groupe de généraux avec la complicité des Etats-Unis. Diem et son frère sont assassinés et les généraux putschistes accueillis comme de véritables libérateurs.

Le président américain, Lyndon B.Johnson espère faire plier le Nord-Vietnam « en quelques semaines ». Il annonce qu’il poursuivra au Vietnam la politique de son prédécesseur afin de maintenir « les dominos » contre la menace du communisme dans la région. Le Congrès des Etats-Unis l’autorise à prendre « toutes mesures nécessaires pour faire échec au communisme » y compris l’emploi de la force armée.

Par des attaques aériennes systématiques, les Etats-Unis déversent des tonnes de bombes sur le Nord-Vietnam. Mais si la puissance du feu américain est destructrice, elle n’est pas toujours précise. Les bombes à billes, l’utilisation de gaz et de napalm font des dizaines de milliers de victimes parmi la population civile. Les défoliants transforment la jungle en paysage lunaire où tout est calciné. Les populations civiles se réfugient dans les villes dans les zones sous contrôle gouvernemental et sous protection américaine qui ne risquent pas d’être bombardées. Malgré 33 000 tonnes de bombes déversées, 55 000 vols individuels et plus de 460 millions de dollars dépensés, le bilan en cette fin d’année 1965 est peu convaincant au regard du but recherché. Le moral des soldats américains et sud- vietnamiens est au plus bas. Hô Chi Minh profite de ce moment pour lancer un mouvement d’insurrection dans les villes et susciter une révolte populaire.

Les Vietcongs font diversion en attaquant simultanément la base américaine de Khe Sanh, un lieu stratégique jugé par les deux adversaires comme une position majeure. Pendant ce temps, les Vietcongs déguisés en paysans pénètrent dans plus de 60 villes. Dans la ville de Saigon, les fusillades se confondent avec les pétards du Têt. Des commandos du FLN attaquent le quartier général de l’armée sud-vietnamienne, le palais présidentiel, le siège de la radio et, audace suprême, l’ambassade américaine.

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