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La région du Haut Tonkin et les minorités ethniques 3

Le petit village de Sapa est niché à 1 500 mètres d’altitude sur le flanc du mont Lan Si Pan, la plus haute montagne du Vietnam (3 143 m). Souvent couvert d’un épais brouillard, il mérite son surnom de « village dans la brume ». Les Lrançais qui ont construit Sapa en 1922 appelaient cette région les « Alpes tonkinoises ». L’ascension se fait par des vallées surprenantes. On emprunte une route en lacets tournée vers un décor de rizières et de forêts, du vert tendre au vert sombre. La vue est splendide sur la forêt silencieuse. Il faut, pour se rendre à Sapa, choisir un samedi, jour de marché régional et de préférence le matin. Le soleil est encore dans la brume lorsque les femmes arrivent des vallées et des villages alentour, chargées de bottes en osier.

La région de Sapa est habitée par les « Hmongs noirs » et les « Daos rouges». Les Daos portent un costume noir et ont la parti¬cularité de nouer leurs longs cheveux dans un grand turban rouge.

On pense qu’ils seraient plus d’un demi-million au Vietnam, divisés en de nombreux sous-groupes. Leur origine se perd dans la légende ou le mythe.

Ils ont émigré de Chine au XIIIe siècle et vivent de la riziculture, de l’élevage de bovins et de chèvres. Les hommes fabriquent de nombreux objets en rotin et en bambou tandis que les femmes sont des expertes en broderie. Les vêtements portés par les Daos comportent plusieurs pièces brodées aux motifs symboliques. La plupart s’inspirent de la nature et reflètent l’environnement naturel.

Les femmes Daos décorent leurs vêtements de pièces d’argent et de perles. La richesse d’une femme se calcule au poids des pièces qu’elle porte sur elle. Même si les Daos ont été influencés par le taoïsme et le bouddhisme, ils ont conservé leur rituel d’essence chamanique ainsi que le culte des ancêtres. Dans chaque village, ils rendent hommage à l’esprit du riz ainsi qu’aux génies du sol, de l’eau et du feu.

Sapa est l’endroit idéal pour séjourner et effectuer des randonnées d’une journée vers les villages alentour que ce soit dans la vallée de Cat Cat ou dans celle de Lao Cai. Les paysages sont de toute beauté. L’ascension du mont Fan Si Pan nécessite d’être en bonne forme physique. Le sentier de randonnée traverse de superbes rizières avant de passer sous une épaisse forêt, refuge des singes et des bouquetins. D’en haut, le regard peut embrasser le panorama sur la vallée se déroulant à perte de vue.

Perdu dans la montagne, le petit village de Bac Ha s’anime le dimanche, jour du grand marché régional. Comme à Sapa, les minorités ethniques des villages alentour « Hmong bariolé », « Hmong indigo », « Dao rouge », « Nung » et « Thaï » s’y retrouvent.

Le lundi a lieu le marché de Can Cau situé à 20 km de Bac Ha. Dès les premières heures du jour, une foule d’hommes, de femmes et d’enfants parés de couleurs vives envahit la petite place du village.Tous s’empressent d’accueillir le voyageur. Les visages ne sont que sourires.

Les « Hmongs bariolés » appelés aussi « Hmongs fleurs » ont fière allure avec leur coiffe et leurs vêtements multicolores. Sur le grand marché, le spectacle est partout. Tout est fascinant, captivant, rutilant. En se promenant, on découvre toutes sortes de fruits et de légumes ainsi que des tissus colorés, des sacs à pompons rouges, des bijoux en argent. Chaque espace est occupé par des stands organisés par thème.Toute une partie est consacrée à la vente d’animaux, cochons noirs et poules alors qu’un peu plus loin on y vend des étoffes multicolores.

Des petites gargotes sont installées aux abords du marché. On peut y déguster, assis sur un banc en bois, un bol de soupe ou une galette de riz. On ne se lasse pas d’observer les costumes chatoyants de couleurs des « Hmongs bariolés » où le rouge, le bleu, le vert et le jaune se marient avec bonheur dans un patchwork ethnique. Le va-et-vient de la foule est comme une marée de couleurs aux courants qui se croisent et se mélangent. Il est rare de voir une telle richesse humaine avec tant d’originalité, de couleurs et de gentillesse.

Les minorités ethniques ne résident pas toutes dans la région du Tonkin. Certaines ont élu domicile sur les hauts plateaux du Centre du Vietnam. C’est le cas des Giarais, des Edés, des Bahnars et des Sédangs. La plupart n’ont pas de mémoire écrite. Les anciens sont en possession de toute la culture orale de l’ethnie qu’ils transmettent oralement par des légendes, chansons folkloriques, dictons et proverbes, aux plus jeunes. Hélas, la génération actuelle semble, aujourd’hui, plus intéressée par la culture rock que par les récits d’antan. On peut se demander jusqu’à quand ces minorités ethniques conserveront leurs traditions.

La région du Haut Tonkin et les minorités ethniques 2

DES MINORITÉS ETHNIQUES QUI VIVENT EN ALTITUDE DANS DES MASSIFS MONTAGNEUX

Les environs de Dien Bien Phu sont habités par de nombreuses minorités ethniques telles que les Tay, les Hmong, les Ha Nhi, les Thaï, les Lu et les Lao.

La vie moderne n’a pas perturbé ces peuples qui ont conservé toutes leurs traditions et leurs coutumes de fêtes et de rituels reli¬gieux, même s’ils sont un peu les laissés-pour-compte du progrès économique. Ils sont autonomes et parlent leur propre langue.

La plus nombreuse et aussi la plus ancienne est l’ethnie Thaï, à ne pas confondre avec lesTày. Ils se divisent en deux sous-familles : les Thaïs noirs et les Thaïs blancs désignés ainsi en fonction du vêtement blanc ou noir que les femmes portent jusqu’au mollet.

Les femmes de l’ethnie Thaï blanc portent un col enV alors que celles de l’ethnie Thaï noir portent un col rond. Elles portent également une veste à boutons d’argent avec un turban très coloré. Les femmes enroulent parfois leurs longs cheveux en un chignon, entremêlé de fils de laine de couleurs et fixé sur le haut de la tête par un peigne.

Les vêtements desTày ont la couleur de l’indigo. Les femmes arborent une jupe longue qui descend jusqu’au mollet ainsi qu’une chemise en soie couleur pastel, bleu ciel ou rose clair. Elles ont aussi une large ceinture en soie couleur vert clair qui contraste avec le rouge éclatant de l’ourlet de leur jupe noire. Les Tày portent également le « khan Piêu », un turban qui selon les ethnies est enroulé autour de la tête ou mis à plat. Il est tissé en fibres de coton d’une couleur bleu foncé indigo avec des motifs ornementaux.

De Dien Bien Phu, une route mène à la province de Lai Châu qui jouxte la Chine et le Laos. Lai Châu est l’endroit idéal pour séjourner et effectuer des excursions dans les environs. Les amoureux de la nature et de la marche à pied pourront y faire de nombreuses randonnées. Les premières maisons des Hnrongs apparaissent sur la route qui mène de Lai Châu à Sapa. Elles sont entièrement construites en matériaux d’origine végétale (bois, bambou et chaume) et sont toutes distantes les unes des autres de façon à ce que les esprits puissent circuler à leur guise sans gêner les familles.

En désaccord avec les autorités féodales chinoises, les Hmongs ont fui le sud de la Chine pour émigrer auVietnam à la fin du XVIIL siècle. Ce peuple nomade, qui se désigne lui-même comme « montagnard », vit surtout de la culture du maïs et du riz qui a remplacé celle du pavot. Leur société est patrilinéaire, c’est-à-dire que l’homme jouit d’une supériorité absolue et décide de tout.

Comme beaucoup de minorités ethniques, ils se divisent en sous-groupes (Hmongs blancs, noirs, verts, rouges et bariolés). Tous se distinguent par la couleur de leurs vêtements et par leur coiffure. Les Hmongs appartiennent au groupe sino-tibétain et vivent surtout le long des frontières laotienne et chinoise. Les femmes Hmongs portent des guêtres et enroulent sur leur tête une écharpe. Leur jupe est en forme de cône, couverte le plus souvent par un tablier. D’une façon générale, elles respectent les traditions même si les plus beaux costumes portés pour les fêtes et les cérémonies tendent à disparaître alors que les hommes sont plus enclins à quitter le costume traditionnel pour des vêtements d’aujourd’hui. Ils sont renommés pour la qualité des tissus qu’ils fabriquent, un art qui se transmet de génération en génération. Le tissage est le domaine des femmes alors que la vannerie est pratiquée surtout par les hommes. Dès son plus jeune âge, la fillette apprend à broder. Elle doit s’appliquer car son talent sera reconnu par son futur époux et déterminera si elle sera ou non une bonne mère de famille. Les Hmongs ne sont pas les seuls à exceller dans l’art du tissage. Les tapisseries « Muong » avec leurs motifs géométriques et multicolores sont réputées dans tout le Vietnam.

La région du Haut Tonkin et les minorités ethniques

Autrefois appelée par les Français « le Tonkin », cette région Nord porte désormais le nom de Bac Bo et se déploie comme un éventail le long des frontières avec le Laos et la Chine.

La région du Nord-Est s’étend du delta du fleuve Rouge au golfe du Tonkin. Occupée pendant mille ans par les Chinois, c’est le berceau de la civilisation vietnamienne.

La région du Nord-Ouest s’étend de la frontière avec la Chine jusqu’à l’ouest de la province de Thanh Hoa. C’est ici que vivent la plupart des minorités ethniques qui parlent des langues et possèdent des us et coutumes très différents des Viets. La famille la plus importante est celle des langues austro- asiatiques qui se compose de cinq groupes : les Viêt-Muong, les Tày-thai, les Môn-Khmer, les Fîmông-Dao et les Kadai.

Les minorités ethniques au Vietnam représentent 10% de la population totale. Impossible d’énumérer toutes ces ethnies tant elles sont nombreuses. La plupart de ces « mille peuples » viennent du Laos, de Chine du Sud, de Thaïlande et de Birmanie.

UNE RÉGION DE MONTAGNES ET DE FORÊTS

La région du Nord-Est, dominée par les provinces de Lang Son et Quanq Ninh, est recouverte à 80 % de forêts. Elle a beaucoup à offrir au visiteur à commencer par ses paysages variés, caractérisés par ses forêts, ses montagnes, ses rizières et ses cascades.

La province de Lang Son est frontalière de la région du Guangxi en Chine. C’est à Quy Quan Mon (la Porte des envahisseurs barbares) que les troupes vietnamiennes ont repoussé les envahisseurs chinois en 1076 et 1427 lorsque cent mille soldats Ming tenteront de s’infiltrer au Vietnam. Lang Son est une ville étape sur la route des frontières. Dans la province voisine de Cao Bang, le Parc national de Ba Be est un véritable havre de paix avec ses chutes d’eau, ses rivières et ses lacs qui communiquent entre eux et s’étirent sur plus de 5 km.

En partant de Hanoi, les routes du Nord-Ouest traversent les provinces de Hoa Binh, Bac Can et Son La avant d’arriver à Dien Bien Phu. Le long de la route, les paysans sèment le riz nous rappelant que le Vietnam est un pays agraire où 80% de la population travaillent dans le secteur agricole. Ces terres limoneuses, extrêmement fertiles, en font le « bol de riz » du Nord-Vietnam.

En plus du riz, les paysans produisent des patates douces, du maïs, du manioc et du blé. Dès le petit matin, les paysans labourent la terre à l’aide de buffles, animaux fétiches du paysan vietnamien.

Dans les environs de Moc Chau, les cultures de mûriers sont innombrables et ont peu à peu remplacées celles de l’opium et de la riziculture sèche. L’élevage de vers à soie s’avère plus rentable pour les paysans de la région. Moc Chau est aussi réputé pour l’excellence de son thé vert. Dans les plantations de thé, la cueillette a lieu surtout le matin lorsque les larges feuilles torsadées d’un vert profond sont les plus riches en polyphénols. Elles développent naturellement des saveurs exquises. Les femmes et les hommes récoltent avec délicatesse les feuilles de thé dans de grands paniers en osier. Elles sont ensuite roulées et séchées. Les thés duvetés de Moc Chau, destinés principalement à l’exportation, sont réputés dans le monde entier. De Moc Chau, une route sinueuse grimpe dans les montagnes jusqu’au col de Pha Din qui culmine à 1000 mètres pour redescendre dans une vallée d’atteindre Dien Bien Phu.

Dien Bien Phu est une petite bourgade du HautTonkm, située dans une cuvette entourée de forêts et de rizières. La colline Eliane, appelé aussi colline Al, fut la dernière à tomber le 6 mai 1954. A côté, le musée de la Victoire de Dien Bien Phu présente quelques photographies et un film sur la bataille. Non loin de là, dans le cimetière militaire, des Vietnamiens se recueillent sur les tombes des 15 000 soldats Vietminh disparus pendant la bataille. Aux portes de la ville, on peut également voir la tranchée du général Giap et un peu plus loin, le PC du général de Castries. Y sont exposés quelques pièces d’artillerie et un char, canon pointé vers le ciel, symboles de cette bataille entre deux civilisations.

Hanoï et la baie de Ha Long 4

LA BAIE DE HA LONG… HUITIÈME MERVEILLE DU MONDE

Les environs de Hanoi sont riches en monuments et sites naturels à commencer par la fameuse Pagode des Parfums, un ensemble d’édifices accrochés aux flancs d’une montagne. Mais le site le plus magique est certainement la baie de Ha Long.

L’UNESCO ne s’est pas trompée en l’inscrivant sur la liste du patrimoine mondial pour ses caractéristiques esthétiques et ses richesses biologiques. C’est le plus vaste phénomène karstique du monde. Avec ses 1 969 rochers couverts de végétation et sa multitude de « pains de sucre », la baie semble irréelle s’étendant sur 1 200 km2 jusqu’à la frontière chinoise.

Certains n’hésitent pas à parler de « huitième merveille du monde » tant les paysages sont féeriques. La baie de Ha Long est souvent dans la brume, rendant le lieu encore plus mystérieux. S’il faut en croire la légende, le paysage exceptionnel de la baie est dû au dragon, animal bénéfique au Vietnam, qui serait descendu dans la mer de Chine pour domestiquer les courants marins. D’ailleurs, Ha Long ne signifie-t-il pas en vietnamien « descente du dragon » ?

Une autre légende raconte qu’il y a très longtemps, le Vietnam a été attaqué par des agresseurs. L’empereur de Jade a alors envoyé le dragon mère et ses enfants qui ont craché des joyaux et des perles transformant le lieu en îlots. Certains ont pris la forme de pic, de façon à se défendre de l’ennemi. Lorsque le calme est revenu, le dragon mère et ses enfants ont décidé de rester sur place.

Toutes ces légendes ont le mérite de nous faire rêver. Mais il y a une explication plus scientifique à ce phénomène de pics karstiques. Le mot karst désigne les phénomènes de corrosion calcaire. La roche est façonnée par dissolution. L’eau de pluie chargée en acide organique et en dioxyde de carbone s’infiltre par les fissures et modèle les roches carbonatées. Ce phénomène d’érosion a peut-être eu lieu, il y a des millions d’années.

La baie de Ha Long était alors un immense plateau de calcaire qui s’est peu à peu affaissé dans la mer. Cette usure des roches calcaires a abouti à un décor féérique aux formes étranges.

La meilleure manière de visiter la baie est d’emprunter une des nombreuses jonques en bois. C’est au petit jour qu’il faut contempler la baie. Embarquement immédiat à 7 h du matin sous un crachin chaud et persistant. Nous quittons le petit port de Ha Long. Cap sur le Sud-Ouest. Le bateau se faufile à travers les centaines de rochers qui meublent la baie dans une mer de jade. Après une demi-heure de traversée, nous arrivons sur la petite île de Tuan Chau.

L’archipel de Van Don comporte plus de 600 îlots. L’archipel de Cat Ba est un parc national qui regroupe plusieurs espèces d’animaux sauvages dont vingt espèces d’oiseaux rares et des reptiles. Certaines îles contiennent des grottes. La plus célèbre est certainement la grotte de la Merveille. La « grotte de la Surprise » débouche sur un imposant amphi¬théâtre alors que la « grotte du Palais Céleste » est suspendue à 50 mètres au-dessus de l’eau. D’en haut, la vue est magnifique sur une partie de la baie. On peut y observer les sampans et les jonques aux voiles de couleur de sang bruni qui évoluent au milieu des îlots karstiques. Un instant magique.

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Dans une rue, des retraités portant le béret basque jouent aux cartes tandis qu’une jeune femme marche avec sous le bras des baguettes de pain à la Française. Certains parlent encore le français et lisent « Le Courrier de Hanoi », le seul journal en langue française.

Si vous vous rendez au Vietnam au mois de janvier ou de février, vous aurez sans doute l’occasion d’assister à la fête du Têt. Elle est célébrée dans tout le Vietnam le premier mois de l’année lunaire, c’est-à-dire le mois du Tigre. Ce moment de l’année correspond à la fin de l’hiver. Les arbres fruitiers refleurissent et les Vietnamiens aiment s’offrir des branches de pêcher ou d’abricotier en fleurs et des kumquats nains. Ce renouveau de la nature est aussi synonyme de renouveau pour les Vietnamiens. Si le premier jour du Têt se passe dans la tranquillité et la sagesse, on peut penser que l’année se passera dans l’harmonie. Par contre, si des conflits apparaissent et que cette première journée se passe dans la mauvaise humeur, les Vietnamiens pensent que cela influencera tout le reste de l’année. Les Vietnamiens sont très superstitieux et tous, qu’ils soient chrétiens, taoïstes, bouddhistes ou caodaïstes honorent leurs ancêtres. Sur les portes des maisons sont apposées des bandelettes de papier rouge : des vœux de bonheur, de longévité et de prospérité.

La tradition veut que pendant la fête du Têt, on mange des gâteaux à base de riz gluant et de pois verts. Ces gâteaux appelés « bành dây » et « bành chung » sont ronds comme le ciel ou carré comme la terre et participent de cette symbolique sur l’univers. La cuisine vietnamienne est l’une des meilleures au monde. C’est aussi l’une des plus variées avec près de 500 plats différents. Le « pho » est la spécialité de Hanoi. Les Vietnamiens, riches et pauvres, sont très friands de cette soupe de vermicelles. Dans le Nord, la cuisine est souvent à base d’herbes aromatiques. Basilic, coriandre, aneth ou menthe se mélangent avec le poisson ou la viande apportant une multitude de saveurs. Les rouleaux de printemps sont également très appréciés. Le riz, comme dans toute l’Asie, est la nourriture de base au Vietnam. Il existe des dizaines de variétés de riz au Vietnam. Celui-ci peut être rond, long, parfumé ou glutineux. Il est cuit à la vapeur ou sauté et accompagne la plupart des viandes et des poissons. ‘ Le riz gluant teinté au jus de momordique est un plat très apprécié des Vietnamiens. Comme viande, les Vietnamiens dégustent lorsqu’ils le peuvent du porc, du poulet ou du bœuf. Mais ce sont surtout des amateurs de poissons et de crustacés. Le « cha cà » qui se traduit par « poisson du fleuve Rouge au curry » est la spécialité de Hanoi.

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À Hanoi, les lieux à visiter sont innombrables. Situé au nord-est du lac Hoan Kiem, sur la Place Ba Dinh, le mausolée d’Hô Chi Minh est un monument géométrique construit dans le style soviétique sur trois étages. C’est ici que repose la momie du «Vieux Père de la Nation ». Au sud-ouest du mausolée, il ne faut pas manquer de voir la pagode au Pilier Unique. Construite sur un seul pilier, elle ressemble à une fleur de lotus sur une tige. A côté se trouve le musée Hô Chi Minh qui retrace la vie du leader de son enfance à sa mort. Le musée des Beaux-Arts est situé dans un bâtiment d’époque coloniale. Il présente un panorama du patrimoine artistique du Vietnam.

Au nord du district de Ba Dinh se trouve le lac de l’Ouest, appelé aussi « lac de la Soie Blanche ». C’est le plus grand lac légué par le fleuve Rouge à Hanoi. Situé sur la rive sud du lac, le temple QuanThanh est dédié au génie gardien du Nord «TranVu », vainqueur d’un renard à neuf queues qui terrorisait la région. En face du lac Hoa Kienr, le visiteur peut assister chaque soir à des spectacles de marionnettes sur l’eau. Comme à Java en Indonésie, le spectacle de marionnettes relate avec humour les grandes phases de l’histoire du pays et les relations que les Vietnamiens entretiennent avec le monde des génies et des animaux. A quelques minutes en cyclo-pousse, se trouve le quartier des « trente six rues », l’un des endroits les plus pittoresques de Hanoi. Les noms de rues commencent tous par « Hang » qui signifie marchandise. Chaque rue a son commerce, son artisanat, son charme et le sourire lumineux de ses habitants. On y trouve la rue de la soie, la rue du coton, la rue des fabricants de bouteilles, la rue des volailles, la rue de la métallurgie, la rue du papier et des objets votifs.

Près du marché, le pont Paul Doumer étire sa carcasse sur 1 860 mètres de long entre les deux rives du fleuve. Il a été construit à la fin du XIXe siècle, à l’époque où les Français occupaient Hanoi et il rappelle l’architecture métallique de Gustave Eiffel. Appelé aujourd’hui pont Long Bien, il sépare la vieille ville des quartiers d’habitation du nord-est. Interdit aux voitures, il est emprunté chaque matin par des nuées de vélos.

A la fin du XIXe siècle, Hanoi est sous domination française. L’administration française décide de construire toute une série de quartiers français sur le modèle d’« un petit Paris ». L’avenue de l’Opéra en constituait l’axe principal. Avec ses librairies, ses cafés et ses galeries d’art, elle débouche sur l’Opéra qui ferme la perspective. Achevé en 1911, après dix ans de travaux acharnés, cet édifice majestueux peut accueillir plus de 870 personnes. Il ressemble étrangement à l’Opéra Garnier. Les architectes construisent de larges avenues bordées par des bâtiments imposants de type haussmannien.

Un peu plus loin, les villas des colons français aux façades délavées donnent à Hanoi un côté carte postale ancienne et rappellent l’architecture des années 1905. A ce moment-là, les architectes adoptent un « style indochinois » caractérisé par des piliers élancés et des auvents en tuiles demi-rondes avec une alternance de pierre et de bois. Cette expression architecturale correspond plus à la volonté de dialogue et de communication entre la France et le Vietnam. Elles sont magnifiques avec leur jardin de bougainvillées et de flamboyants.

Hanoï et la baie de Ha Long

HANOÏ, « LA VILLE AU-DELÀ DU FLEUVE »

La capitale du Vietnam, avec une population de 3,5 millions d’habitants, a conservé le charme d’une ville familière, avec ses trottoirs pavés de tomettes et ombrés de flamboyants. Hanoi reste à échelle humaine, contrairement à la plupart des capitales du Sud-Est asiatique. Le meilleur moyen de la visiter consiste à emprunter un des nombreux vélos et motos, rois et reines du macadam hanoien.

Hanoi a été fondée au XIe siècle par le roi Ly Thai To après avoir été, pendant plus de mille ans, sous la domination chinoise. A cette époque, la ville s’appelle encore Thang Long « la Cité du Dragon prenant son envol ». Ce n’est qu‘en 1802, lorsqu’elle perd ses fonctions de cité impériale et de capitale au profit de Hué, qu’elle prend le nom de Hanoi. Elle a été construite sur le modèle chinois avec au centre l’esplanade pour le sacrifice au ciel et à la terre (celle-ci fut détruite en 1937) et le Temple de la littérature dédié à Confucius (Van Miêu). Ce dernier fait partie du patrimoine architectural et historique de la ville, symbole du Confucianisme et de la toute puissance des lettrés.

Confucius prône une morale fondée sur la recherche de l’harmonie dans les rapports humains et édicte un code moral basé sur cinq vertus : l’amour des autres, la loyauté, le discernement, le courage, la piété filiale. Il considère que l’homme naît bon mais par la suite, s’il néglige ses facultés intellectuelles, il peut devenir mauvais.

Le Temple de la littérature abrite la première université du Vietnam, chargée de former la noblesse à la pensée confucéenne afin de fournir à l’Etat un corps de fidèles fonctionnaires. Chaque année des concours s’y déroulaient qui portaient sur les ouvrages canoniques confucéens et sur la qualité d’écriture. Tes élus formaient un mandarinat qui devait veiller à maintenir la Société dans le respect de la morale et des règles confucéennes. Sur les 82 stèles du Temple de la littérature sont gravés les noms des lauréats du concours. Elles reposent sur un piédestal en forme de tortue, symbole de longévité. Le phénix symbolise l’esprit et le nuage la connaissance. Beaucoup d’éléments comme l’usage de la « forêt de stèles », le système des cinq cours, le bassin carré, le plan de l’édifice établi selon l’axe nord-sud ou les plates-bandes de verdure autour du temple sont des modèles chinois.

Le Vietnam a été jusqu’au Xe siècle, le 7e protectorat de la Chine et son architecture a été fortement influencée par la civilisation chinoise. Toutefois, dans l’harmonie des proportions et dans le rythme calme de sa toiture, l’édifice retrouve son caractère propre et sa signature vietnamienne. L’ensemble du temple se divise en cinq cours inté¬rieures. La porte centrale était réservée à l’empereur alors que les mandarins lettrés rentraient par les allées latérales. Avant de quitter le Temple de la littérature, il faut profiter de ses jardins et de ses bonsaïs. Un véritable havre de paix qui contraste avec l’animation du quartier.

Dans les maisons environnantes, les habitants rendent un culte à leurs ancêtres. Les traditions sont importantes au Vietnam et chacun aime perpétuer ces petits rites quotidiens qui donnent toute leur importance à la journée. Le matin de bonne heure, les Vietnamiens se retrouvent le long du lac Hoa Kiem appelé aussi « petit lac » pour une séance de gymnastique matinale. Joggers et adeptes du tai-chi soignent leur corps tandis que dans les temples et les pagodes brûlent des bâtonnets d’encens. Un pont en bois de couleur rouge relie les berges du lac au temple de la Montagne de Jade. C’est ici que les Vietnamiens rendent hommage au Dieu de la littérature Van Xuong.

L’Histoire 3

A Hué, il faudra 26 jours aux forces sud-vietnamien nés et américaines pour venir à bout des 7 500 hommes de l’armée populaire. Si le FLN a perdu militairement la bataille, l’impact de l’offensive du Têt est une victoire pour les communistes. Des manifestations d’étudiants et de hippies s’organisent sur les campus américains de Berkeley et de Columbia afin d’appeler à l’arrêt de la guerre.

En janvier 1969, Richard Nixon est déterminé à s’engager dans une désescalade. Il veut bien aider financièrement et matériellement le Sud-Vietnam, mais ne veut plus envoyer des troupes de soldats sur place. Pour satisfaire l’opinion publique américaine, Nixon annonce le retrait de 25 000 hommes du Vietnam et parle de « désaméricanisation » puis de « vietnamisation » pour tenter une paix « dans l’honneur ». Le but de la « vietnamisation » avec la création d’un Etat Vietnamien de Saigon et d’une « armée nationale » est de ne plus faire subir de pertes à l’armée américaine en attendant que celle-ci quitte définitivement le pays.

Un accord de paix est signé à Paris en 1973. Mais les combats se poursuivent. LesVietcongs préparent dans le plus grand secret la future « campagne Hô Chi Minh » qui va les mener jusqu’à Saigon. Le 17 janvier 1975, les troupes communistes envahissent les villes de Binh Phuoc, QuangTri, Hué, Da Nang qui tombent les unes après les autres tels des dominos. Le 17 avril, les premières forces révolutionnaires arrivent dans Saigon. Toutes sont lourdement armées, équipées de chars, d’artillerie et de lance-missiles sol-air.Très vite, ce sont plus de 130 000 soldats de l’armée populaire qui cernent la capitale contre 60 000 Sud-Vietnamiens.

La fin est inéluctable. Le président Thieu, qui a essayé de résister jusqu’au bout, est contraint de démissionner après des jours de combats acharnés. Le 30 avril 1975, les chars envahissent le Palais de l’Indépendance. Le général DuongVan Minh est fait prisonnier. Saigon est rebaptisé Hô Chi Minh-Ville. La « victoire est totale pour les communistes vietnamiens qui ont atteint l’objectif assigné par Hô Chi Minh : contraindre les Américains à rentrer chez eux. Le 24 juin 1976, le Vietnam est réunifié et la République socialiste proclamée. Le nouveau gouvernement engage le Sud-Vietnam dans une politique de nationalisation des entreprises et de collectivisation des terres, entraînant l’exode de milliers d’opposants qui s’enfuient dans des bateaux de fortune : les « boat people ».

Les dirigeants de Hanoi transforment la « République démocratique » en « République socialiste » et établissent que l’Etat est une « dictature prolétarienne dirigée par le Parti

communiste avec la mission d’édifier le socialisme et de progresser vers le communisme ».

La socialisation du Sud s’accélère dans tous les domaines, culturel, idéologique, scientifique et technique. Nombreux sont ceux, « influencés par la culture occidentale et décadente », qui sont enfermés dans des camps de rééducation.

Le plan quinquennal mis en œuvre de 1976 à 1980 fait stagner la production agricole. Les paysans, devenus fonctionnaires de coopératives agricoles, ne sont pas motivés pour augmenter leur rythme de travail et leur rendement. Ils ont des salaires tellement faibles qu’ils sont obligés pour survivre d’avoir une deuxième ou une troisième activité.

Le 3 novembre 1978, le Vietnam signe avec l’URSS un traité d’amitié et de coopération. A part ces échanges entre pays socialistes, le Vietnam est replié sur lui-même. En 1986, une grande réforme économique est menée par le Parti communiste viet¬namien qui a pour conséquence l’ouverture du pays à l’économie de marché et à l’abandon du système marxiste. Cette réforme, appelée « Doi Moi », permet la création d’entreprises privées et les échanges économiques internationaux. Le Vietnam s’engage dans « une économie de marché à orientation socialiste placée sous la tutelle d’Etat ». Désormais, les entreprises d’Etat sont en concurrence avec des sociétés privées.

Depuis le début des années 1990, on assiste à une croissance économique de plus en plus affirmée au Vietnam. La levée de l’embargo américain en 1994, suite à la visite de Bill Clinton, permet au Vietnam d’avoir recours à une aide du FMI et de la Banque mondiale. Les entreprises étrangères sont nombreuses à investir au Vietnam.

En 2001, le Vietnam est considéré par les organismes internationaux comme « le bon élève de la classe Asie du Sud-Est » avec une croissance de 7 % et une augmentation considérable des exportations. Il fait partie de la « Coopération économique Asie-Pacifique » et de 1’ « Organisation mondiale du commerce » (OMC) et siège au Conseil de sécurité de l’ONU (2008).

L’Histoire 2

En 1940, la France est envahie par l’Allemagne. Le Japon qui occupe une partie de la Chine depuis 1937 profite de l’affai¬blissement de la France pour s’emparer du Vietnam considéré comme un pont vers le Sud de l’Asie. Cette invasion contribuera à la montée des nationalismes en réduisant l’influence des Français sur les Vietnamiens.Le 2 septembre 1945, un traité est signé en rade de Tokyo qui met fin à l’occupation japonaise.

Le même jour, le président Hô Chi Minh proclame l’indé¬pendance du pays et l’avènement de la République démocratique du Vietnam sur la place Ba Dinh à Hanoï. Hô Chi M inh nomme Bao Dai conseiller suprême du gouvernement sous le nom deVinhThuy. N’étant pas dupe du rôle de marionnette que veulent lui faire jouer les communistes du Vietminh, Bao Dai s’exile à Hong Kong en novembre 1946 où il adopte une attitude attentiste. Le 19 décembre 1946, le Parti communiste vietnamien d’Hô Chi Minh lance une insurrection générale contre les colonisateurs français. C’est le début de la première guerre d’Indochine.

Le général de Gaulle souhaite réoccuper l’Indochine afin de restaurer l’autorité de la France. Il projette d’établir une fédération de colonies qui comprendrait les trois provinces du Vietnam (Tonkin, Annam et Cochinchine) ainsi que le Cambodge et le Laos. Faisant fi de la proclamation de la République démocratique du Vietnam par Hô Chi Minh, il envoie un nombre important de fonctionnaires et de militaires en Indochine. Le général de Gaulle quitte le pouvoir en janvier 1946. Le nouveau gouvernement signe avec Hô Chi Minh un accord qui reconnaît le Vietnam comme « un Etat libre » à condition qu’il continue de faire partie de la « Fédération Indochinoise et de l’Union Française ».

Des insurrections ont lieu à Hanoi et peu de temps après « l’Oncle Ho » appelle les Vietnamiens à la guerre dans une déclaration sans ambiguïté : « luttez avec vos amies, vos pioches, vos pelles, vos bâtons. Sauvez l’indépendance et l’intégrité territoriales de la patrie. Vive le Vietnam indépendant et indivisible. Vive la démocratie. » Hô Chi Minh entre dans la clan¬destinité et le général Giap fonde l’armée Vietminh pour chasser les Français

La Chine de Mao et l’URSS soutiennent le Vietminh alors que les Etats- Unis aident financièrement la France. Malgré l’aide logistique des Etats- Unis, les Français subissent de nombreuses défaites parmi lesquelles on retiendra celle de Cao Bang. Les soldats ne sont pas préparés à combattre dans la jungle contre la guérilla qui connaît parfaitement le terrain. En 1954, la bataille de Dien Bien Phu dure 57 jours et se termine par une défaite française. Celle-ci marque la fin de la présence française en Indochine. Les Américains, dans leur lutte contre le communisme, prennent la relève.

Les accords de Genève coupent le pays en deux. Chaque zone a son propre régime politique. Le Sud se voit imposer une dictature anticommuniste, le Nord une dictature prolétarienne.

Ngo Dinh Diem fait déposer l’empereur Bao Dai et devient le chef du gouvernement du Sud. Hô Chi Minh rallie la Chine et l’URSS à son combat contre l’impérialisme américain et pour la réunification du Vietnam. En 1960, il crée le Front National de Libération du Vietnam, appelé Vietcong. Des commandos s’infiltrent dans le Sud où ils mènent des actes de sabotage. En 1963, Diem et son frère Nhu s’en prennent à la population bouddhiste, ordonnant des arrestations de moines. L’immolation par le feu d’un bonze choque violemment l’opinion publique. Un coup d’Etat est organisé par un groupe de généraux avec la complicité des Etats-Unis. Diem et son frère sont assassinés et les généraux putschistes accueillis comme de véritables libérateurs.

Le président américain, Lyndon B.Johnson espère faire plier le Nord-Vietnam « en quelques semaines ». Il annonce qu’il poursuivra au Vietnam la politique de son prédécesseur afin de maintenir « les dominos » contre la menace du communisme dans la région. Le Congrès des Etats-Unis l’autorise à prendre « toutes mesures nécessaires pour faire échec au communisme » y compris l’emploi de la force armée.

Par des attaques aériennes systématiques, les Etats-Unis déversent des tonnes de bombes sur le Nord-Vietnam. Mais si la puissance du feu américain est destructrice, elle n’est pas toujours précise. Les bombes à billes, l’utilisation de gaz et de napalm font des dizaines de milliers de victimes parmi la population civile. Les défoliants transforment la jungle en paysage lunaire où tout est calciné. Les populations civiles se réfugient dans les villes dans les zones sous contrôle gouvernemental et sous protection américaine qui ne risquent pas d’être bom¬bardées. Malgré 33 000 tonnes de bombes déversées, 55 000 vols individuels et plus de 460 millions de dollars dépensés, le bilan en cette fin d’année 1965 est peu convaincant au regard du but recherché. Le moral des soldats américains et sud- vietnamiens est au plus bas. Hô Chi Minh profite de ce moment pour lancer un mouvement d’insurrection dans les villes et susciter une révolte populaire.

Les Vietcongs font diversion en attaquant simultanément la base américaine de Khe Sanh, un lieu stratégique jugé par les deux adversaires comme une position majeure. Pendant ce temps, les Vietcongs déguisés en paysans pénètrent dans plus de 60 villes. Dans la ville de Saigon, les fusillades se confondent avec les pétards du Têt. Des commandos du FLN attaquent le quartier général de l’armée sud-vietnamienne, le palais présidentiel, le siège de la radio et, audace suprême, l’ambassade américaine.

L’Histoire

A l’origine de la création du Vietnam, il y a la dynastie des rois Hùng qui fonde selon la légende le royaume de Van Lang en 2879 avant notre ère. La principauté de Van Lang va prédominer sur une quinzaine de tribus dites Lac Viêt. En 257 av. J.-C, le roi An-Duong qui règne sur le royaume deTây-Au, situé en Chine, annexe le Van Lang et le nomme « Au Lac ».

En 111 av. J.-C, l’empereur de Chine Qin Shi Huangdi envahit le royaume d’Au Lac et fonde le Nam Viêt qui englobe la Chine méridionale et le delta du fleuve Rouge. Durant plus d’un millénaire, de 111 av.J.-C à 938 apr.J.-C, le Vietnam va vivre sous l’autorité de la Chine. Les Han dominent le pays même si des tentatives d’insurrection se produisent. Parmi celles-ci, on retiendra la révolte des deux sœurs Trung en 43. Les Chinois tentent d’imposer leur mode de vie, mais ne parviennent pas à étouffer totalement la culture originelle vietnamienne fondée sur l’organisation communautaire, la technique de la rizière irriguée et le culte des ancêtres. La région du Champa (le Centre du pays) et le Founan (l’actuelle Hô Chi Minh-Ville) sont indianisés.

En 968, Dinh Bo Linh unifie le pays et se proclame empereur. Il crée un Etat souverain : le Daî Co Viet qui est reconnu comme un Etat indépendant par la Chine. Il choisit comme capitale Hoa Lu qui sera remplacée en 1010 par Thang Long (l’actuelle Hanoi) lorsque Ly Cong Uan monte sur le trône. Jusqu’au XVIIe siècle, le Daî Co Viet est gouverné par une série de dynasties dont les plus importantes étaient celles desTran (13′-14 ) et celle des Lee (15e-17c). Ces dynasties sont fondées par des chefs militaires qui s’appuient sur des clans. Au XVIIe siècle, le pays est divisé en deux. Le Nord est gouverné par les Seigneurs Trinh alors que le Sud est entre les mains des Seigneurs Nguyen.

Les frères Tay Son profitent de ces divisions pour attaquer les Trinh. Au début du XIXe siècle, le seigneur Nguyen Anh réunifie sous son égide le royaume qu’il renomme Vietnam pour bien signifier qu’il englobe les territoires de l’ancien An-Nam et du Viêt-Thuong (le Champa). En 1802, il se proclame empereur en montant sur le trône du dragon sous le nom de Gia Long (raccourci de Gia-Dinh, basse Cochinchine et de Thang-Long, capitale du Nord-Vietnam).

L’Empereur Ming Mang, son successeur, annexe définitivement le bas delta du Mékong en

1845. Se dessine alors le visage du Vietnam en tant qu’entité géo-historique avec sa *

mosaïque de peuples.

En 1867, le delta du Mékong, appelé Cochinchine, est transformé en colonie française. En 1887, la France réunit ses possessions du Sud-Est asiatique (Laos,Vietnam, Cambodge) dans une Union indochinoise. Le commerce se développe et l’Indochine est pour la France la seule de ses colonies qui lui rapporte un réel profit. Nguyen Ai Quoc, le futur Hô Chi Minh se rend en Chine où il rejoint le chef nationaliste Phan Boi Chau qui avait attiré de nombreux intellectuels vietnamiens hostiles à la colonisation française. Ils fondent ensemble « l’Association de la Jeunesse Révolutionnaire Vietnamienne » et demandent qu’une plus grande place soit faite aux élites indigènes et que l’on applique honnêtement les traités de protectorat.

En 1930, des grèves éclatent dans les plantations de coton et d’hévéas. Des attentats sont perpétrés à Hanoi. L’empereur Bao Dai revient au Vietnam (il était parti en exil en France) et instaure une monarchie constitutionnelle sous protectorat français.

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